L’introduction de l’IA générative dans nos pratiques professionnels
Archimag témoigne d’une adoption massive des IA génératives dans les pratiques des documentalistes, des veilleurs, des bibliothécaires et des archivistes, mais aussi d’usages et de perceptions contrastées. L’IA générative s’invite dans le quotidien des bibliothécaires : l’analyse d’un fonds, la recherche d’information et sa valorisation, l’indexation, l’automatisation des processus. Les cas d’usage se multiplient, les solutions se font plus matures. Selon Archimag, l’IA générative a bouleversé les pratiques de nombreuses organisations et les éditeurs de logiciels l'intègrent rapidement.
Toujours selon Archimag, l’IA générative est désormais utilisée par 48 % de la population, soit une hausse de 15 points en seulement un an. Le recours à l'IA est particulièrement massif chez les jeunes adultes (85 %) et les cadres (76 %) selon les résultats du Baromètre du numérique réalisé en juin 2025 par le Credoc. Plus impressionnant encore que l'usage de l'IA, c'est bien la courbe d'adoption de l'intelligence artificielle qui attire l'attention : ce niveau d'adoption a été réalisé en trois ans là où le smartphone en avait nécessité sept. Plus d’une personne interrogée sur trois utilise l'IA générative quotidiennement et certaines recourent à plusieurs services d'IA.
Bien utilisées sur des corpus de données de qualité, produites par les professionnels de l’information, les IA applicatives pourraient nous apporter des avantages réels. Les atouts pour les professionnels de l’information vont se concrétiser au niveau de la recherche sémantique, le catalogage automatique, la valorisation des collections, les résumés automatiques, etc. L’utilisation de l’IA permet d’envisager un gain de temps important lorsque l’on veut reclasser, normaliser, réécrire, transformer les données. Il est possible aujourd’hui de demander à l’IA de créer une référence bibliographique aux formats ISBD M ou Unimarc B.
Mais je ne peux m'empêcher de me poser deux questions: 1. Malgré les atouts de l’IA pour les professionnels de l’information, allons-nous perdre des compétences métier, ou au contraire, traiter des masses plus importantes de tâches, prendre le temps nécessaire sur des cas difficiles, et renforcer notre expertise ? 2. L’IA est-elle une menace pour les bibliothèques ?
Selon Florent Tétart, « l’IA est une aide extraordinaire pour traiter et valoriser les données des bibliothèques produites par des humains et les diffuser efficacement. Avec l’IA, le catalogue reprend une importance cruciale. Les modèles d’IA ont besoin d’une information structurée et qualifiée pour produire des résultats de qualité. L’IA ne peut pas générer seule les catalogues, elle est une aide, mais le contenu reste la prérogative des bibliothécaires. Si l’IA peut classer automatiquement, c’est aux professionnels humains de choisir les catégories pertinentes en fonction des usages qu’ils souhaitent. Alimentés par des données validées par des professionnels, qui s’appuient sur une déontologie forte, l’IA n’hallucine pas : les bibliothèques retrouvent le rôle central de médiateur de l’information. »
Sources : Archimag, ainsi que l’article « L’intelligence artificielle et les bibliothèques » de Florent Tétart, Revue I2D N°2025/1.
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