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12 septembre 2007

The Good, the Bad, and the Web 2.0

Je viens de lire un article (voir texte intégral) du Wall Street Journal où 2 écrivains, aux vues opposées sur le web 2.0, sont amenés à débattre. Pour Andrew Keen, les choses sont assez claires, le web 2.0 est un nouveau moyen de créer du bruit inutile pour polluer la toile. Pour David Weinberger, les nouveaux outils du web 2.0 nous permettent de rester concentrer sur nos préoccupations et nos passions. Ils nous aident à nous focaliser sur nos centres d’intérêt.

Mais d'abord, qu'est-ce que le web 2.0 ? C'est permettre à tout un chacun de publier ce qu'il veut sur Internet, et ceci grâce à un ensemble d'outils qui facilitent grandement l'édition de contenu et l'échange entre internautes. Le web 2.0 transforme un peu la grand-mère ou l'adolescent en journaliste, en compositeur ou en réalisateur. Car le web 2.0, c'est la Wikipedia, la blogosphère, MySpace ou encore YouTube. En résumé, c'est nous, les internautes.

Andrew Keen se demande si l’amateur présent sur le web ne va pas détrôner l’expert fiable ou l’autorité impartiale dans notre société ? Car si tout le monde publie et se proclame auteur, il ne peut plus y avoir d’information fiable, donc il n’y aura plus de public. Et il en veut pour preuve qu’il est facile de le constater en surfant sur YouTube ou dans la blogosphère. En cela le web est un problème, il y a trop de contenu qui ne mérite pas notre intérêt. Pas de gardien, d’autorité de référence pour centraliser et valider le contenu.

Devant la démonstration de ce « narcissisme numérique », aurions-nous perdu la vérité et l’intérêt pour l’objectivité des médias traditionnels ? Ce jeu de miroir va-t-il finir par tuer la culture ? Et au profit de quoi ? Du culte de l’amateur, de la mise en exergue de nos opinions narcissiques exprimées sur nos blogs, aussi appelés journaux intimes ?

Il va de soi que le web est plus un miroir qu’un nouveau média. Nous nous voyons lorsque nous consultons le web. Ces médias qui font autorité se sont toujours révélés de bons découvreurs de talents. Si désormais, nous faisons table rase de cet acquis. Lorsque tout deviendra fade à nos yeux, quand les livres seront numérisés, que les bibliothèques seront les auxiliaires de Google, quand les écrivains seront devenus des vendeurs ou des représentants marketing de leur propre secteur, alors à quoi devrons-nous nous attendre ensuite ?

La pénurie d’autorité intellectuelle, capable d’aider les individus à comprendre le monde, est un réel danger. Particulièrement si le livre suit le chemin du CD et du quotidien papier. Sommes-nous donc convaincus que le web 2.0 est un bénéfice pour chacun d’entre nous ?

David Weinberger a, quant à lui, une vision plus ouverte et optimiste de ce que représente le web 2.0. Il pense qu’Andrew Keen propose une vision catastrophiste, qui n’est pas sans rappeler ce que l’on disait du web il y a quelques années. A chaque nouvelle génération de média, une avalanche de critiques sont de mises. Mais fort est de constater que quelque chose d’important et de différent se produit sous nos yeux. Car on ne peut nier qu’Internet remodèle le business, l’enseignement, la politique, la science et la culture.

Le web 2.0 invente pour nous de nouvelles manières de mettre ensemble des idées ou de l’information, et de trouver d’autres internautes pour la partager. Le web, c’est l’abondance, il offre plus de tout : plus d’idées ou de distractions, de mensonges ou de vérités, d’amateurs ou de professionnels, etc. Alors qu’à l’inverse ; les médias traditionnels sont plutôt basés sur la parcimonie.

Le web 2.0 peut mettre en valeur des talents qui seraient restés inconnus du grand public. MySpace est un bon exemple. Parmi les découvertes du web 2.0 qui ont amélioré considérablement sa vision du web, il y a un docteur en médecine dont le hobby principal est la théorie de l’information. C’est un exemple parmi d’autres d’individus qui n’auraient pu s’exprimer, et se faire connaître s’ils avaient suivi les voies traditionnelles. Car aujourd’hui, les médias de nos parents se prêtent souvent aux exigences du marché plutôt que d’encourager l’épanouissement des talents.

La question n’est pas de savoir si les médias traditionnels sont meilleurs ou pires que le web. Car ce n’est pas une institution, un business ou même un marché, pas plus que ne l’est la vraie vie. C’est nous, tout simplement, avec les particularités de chacun.

Le web, c’est aussi un petit acte d’altruisme, c’est dire aux autres : « voici quelque chose qui vaut la peine d’être consulté et voici pourquoi ». Il y a donc l’espoir qu’au milieu de ce bruit inutile, nous allons faire grandir notre goût pour les choses, en portant notre regard plus loin que celui offert par les médias de nos parents. Et nous allons apprendre à apprécier cette vision.

Avec le web 2.0, nous allons inventer de nouvelles manières de trouver ce qui est pertinent pour nous, ce qui fait sens. Car c’est bien cela qui constitue le véritable moteur du web.

Ce serait une erreur de souhaiter que le web ne devienne rien de plus qu’une extension des médias de masse. Donc oui, nous sommes bien des amateurs sur le web, mais nous inventons une nouvelle voie. Nous construisons quelque chose de neuf, qui est porteur de sens. Nous le créons ensemble. Des liens se tissent entre nous et nous nous sentons réellement impliqués. Nous créons ce nouveau web gratuitement, et cela fait de nous des amateurs, dans le bon sens du terme. C’est aussi ce qui fait du web notre espoir de culture.

A lire, le blog de David Weinberger créé lors de la sortie de son dernier livre "Everything is miscellaneous". Voir aussi cette critique de l'article du WSJ.

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