L'activité documentaire est difficile à justifier en termes de profit auprès des décideurs, essentiellement du point de vue matériel. Car cette activité est rentable sur d'autres plans: centralisation et économie d'échelle, meilleure exploitation des ressources, formation continue du personnel, etc. Aux raisons socio-économiques évoquées par les décideurs vient s'ajouter le point de vue que l'information-documentation peut être remplacée par le tout numérique. Ce qui est un leurre car, même numérisée, l'information ne se décrit pas elle-même, ne s'organise pas toute seule ou ne se diffuse pas avec pertinence sans intervention humaine.

Alors que les budgets des bibliothèques publiques se réduisent drastiquement, une tendance similaire en entreprise ou dans les institutions constituerait un risque réel. L'employé se retrouvant livré à lui-même par rapport à l'information qu'il devait retrouver, sélectionner, analyser et synthétiser. L'employé peut avoir une vue incomplète d'un sujet à la suite d'une recherche mal définie, il peut prendre pour véritable une information erronée ou provenant d'une source non fiable. Selon l'Association Information et Management (AIM), un employé passe en moyenne 7h30 par semaine à rechercher une information, papier ou numérique, sans la trouver.

Pour en lire plus, voir Les Cahiers de la Documentation, ABD-BDV, numéro 3, 2018.